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DE LA VILLE DE PARIS.
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ceulx qui ne se soucient dc la ruyne du pauvre peu­ple, pourveu qu'ilz servent à leur proffict particul­lier, que vous faictes faire tres exprès commande­ment à ceulx qui auront desd, bledz et grains de reserve en plus grande quantitté qu'il ne sera ne­cessaire pour la provision de l'année, qu'ilz ayent à faire ordinairement porter desd, bledz au marché pour la fourniture dud. pauvre peuple, avec inhibi­tions et deffences d'en vendre en gros, jusques à ce que, veuz lesd, procès verbaulx, il en ayt esle par moy autrement ordonné; et pour estre cest affaire de l'importance que sçavez à tout l'estat de mon royaume el qui requiert prompte execution, tenez la main qu'il y soit usé de telle diligence que je me voye satisfaict de ce que je vous 'en escriptz cy des­sus au plus tost qu'il sera possible, pour d'autant plus promptement aller au devant de la necessité que nous menasse, et regarder à y faire donner une bonne provision; priant Dieu, monsrde Barbezieulx, qu il vous ayt en sa saincte gardé. Escript à Cham­pigny, le vingt huictiesme jour de Septembre 156 5. »
Signé : CHARLES. Et ah dessoubz : Bourdin;
A la soubscription : A mons' de Barbezieulx, che­valier de mon .Ordre, cappitaine de cinquante hommes d'armes de mes ordonnances, et mon Lieutenant general au Gouvernement de Champaigne et Brye en l'absence de mon cousin le duc d'Aumalle.
La presente coppye a esté collationnée a l'original •par commandement de monsr de Barbezieulx, Lieu­tenant General, par moy soubzsigné,son secretaire, le xvc Octobre 1565.
Signé : Destieres.
k Messieurs,, pour responce aux lectres que m'es-cripvez du ix0 de ce moys, je vous diray que, n'es-
tant moings affectionné au bien de vostre Ville que ont esté tous mes predecesseurs, mesmes feu monsieur de Barbezieulx f1', mon pere, qui a esté autrefoys dé­coré du tiltre de Gouverneur, j'ay bien preveu l'in­convénient que y pourroit amener la deffence de la traicte des bledz hors ce gouvernement; et ay pour ceste cause diffère tant que j'ay peu à y mectre la main, et jusques à y avoir extrêmement solicité par la clameur du peuple, à la faveur duquel j'ay faict publier les deffences du xxiiu0 Septembre dernier passé, que le Roy a auclorisées par deux diverses lectres, desquelles je vous.envoyé coppye, affin que vous n'ayez opinion que cecy se fasse de mon pro­pre mouvement. Toutesfoys desirant vous gratiffier l\ mon pouvoir, je me suys advisé, pendant que la re­cherche des bledz se faict, affin que vous n'en ayez faulte i d'envoyer à Chaalons et Victry pour sçavoir la quantitté que les marchans de vostre Ville y ont achepté, pour après avoir entendu l'advis des offi­ciers des lieulx sur la commodité ou incommodité, ce que pourra estre faict dans la fin de ceste sep­maine, leur en donner main levée, j'enlendz de ce que a esté achepté par le passé, et non pour l'adve­nir, s'il ne m'est faict aultre commandement du Roy derrogeant aux precedentz, vous asseurant que en tout ce que j'auray. moien de faire chose qui soit pour le bien et proffict de telle ville que la vostre, mon auctorité, pouvoir ou autre chose qui soit en ma puissance n'y seront espargnez ; je le dictz d'aussy bon cueur que je salue voz bonnes graces de mus tres affectionnées recommandations; suppliant le Createur, Messieurs, vous donner en sanle longue et heureuse vye. De Troyes, ce xv0 jour d'Octobre 1565. « Vostre plus affectionné et meilleur amy, Barbe­zieulx.
Et sur la subscription : A Messieurs les Prevost des Marchans et Eschevins de la ville de Paris, à Paris.
DCCXXV1II. — Lettres d'office de m" Claude Perrot, Procureur du Roy et de la ville de Paris.
i 5 octobre 1565. (H 1784, fol. 337 v°.).
"A tous ceulx qui ces presentes lectres verront, Claudc Guiot, seigneur de Charmeau, Charmoy,
Courselles et du Coullombier, conseiller du Roy, se­cretaire de sa Chambre et mc ordinaire de ses
niqueur, la disette fut si grande dans la Brie et la Picardie que les gens de ces pays furent contraints de manger du pain d'avoine et passèrent en Champagne pour acheter des seigles, orges et avoines pour faire du pain cn attendant leur moisson. (Claude Haton, Mémoires, t. 1, p. 4og, 41 o.)
'■) Antoine de la Rochefoucauld fut pourvu du gouvernement de l'Ile-de-France, le 20 juillet 1532, ut réunit à cette charge l'office de gouverneur de Paris, le 12 mars 1534, après la mort de Jean de la Barre.
v.                                                                                                                                                                   C7
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